Rafael Chwoles : portraits d’habitants de Vilnius 1945–1959

Cette exposition du 27 février au 27 mai 2018  « Ils nous regardent, et nous les voyons » participe au regard français porté et proposé sur le centenaire de la Lituanie moderne, et rend hommage au « temps de l’Ecole de Paris et du monde des Litvaks »

L’exposition présente les portraits de Rafael Chwoles, peints à Vilnius entre 1945 et 1959 

Qui ces gens étaient-ils ? Pourquoi et comment ont-ils attiré l’attention du peintre ? Qu’est-ce qui les liait ?

Rafael Chwoles (1914-2002) était un véritable Vilnois bien qu’il ait passé la seconde moitié de sa vie non pas dans sa ville natale mais à Varsovie et Paris. À Vilnius, il est né, il a grandi, choisi la peinture, étudié à l’École des métiers artistiques de la Société des peintres de Vilnius et fréquenté les ateliers des peintres. Pendant l’entre-deux-guerres, il a rejoint le mouvement des jeunes artistes juifs « Jung Vilne » qui cherchait à moderniser l’art tout en parlant des plaies de la société et propageait des opinions apocalyptiques.

Chwoles a commencé à participer à des expositions et il a obtenu une reconnaissance comme artiste jeune et talentueux. Il semblait que l’avenir lui souriait, mais tout s’est passé autrement : la Deuxième Guerre mondiale a commencé, les nazis ont occupé Vilnius, les Juifs ont été enfermés dans le ghetto et presque tous exterminés. Chwoles a réussi à éviter ce sort : à la veille de la guerre, il était parti pour une exposition à Minsk, il s’est réfugié à l’intérieur de l’URSS où il a passé des années de guerre misérables et difficiles, mais il a survécu. De retour en 1945, il n’a pas retrouvé ses parents, ses trois sœurs et ses amis, morts dans le ghetto, et il n’a pas non plus retrouvé sa maison car les quartiers juifs de la vieille ville de Vilnius étaient détruits.

Exposition du 28 février au 27 mai. Centre de la Tolérance (Naugarduko g. 10/2, Vilnius)