Exposition de Jean-Baptiste Cabaud : Les Hypothèses Astronomiques de Louis-Auguste Blanqui

Exposition des dessins et des textes manuscrits à l’ancre du poète et graphiste français Jean-Baptiste Cabaud au sujet des textes sur l’astronomie du révolutionnaire du XIX sciecle Louis-Auguste Blanqui dans la Bibliothèque publique municipale de Klaipeda.

Du 16 mai au 16 juin

Jean-Baptiste Cabaud (1970), né en 1970 en Savoie, est un écrivain et poète vivant à Lyon depuis 1993. Après une dizaine d’années passées dans le graphisme, il se consacre depuis 2005 entièrement à la poésie, écrite, parlée, dessinée. Auteur de cinq livres, il aime publier ses textes en livres et en revues. Son premier album pour la jeunesse, « Le Petit Inconnu au ballon », illustré par Fred Bernard, paru en 2007 aux éditions du Baron Perché a été traduit en brésilien et en grec. De ses textes, il donne lectures régulières en France et à l’étranger (TARP, Audiovizualinės Poezijos Festivalis de Lituanie en 2012), en voix seule ou en performances au sein de la formation de poésie électro-arctique Saint Octobre. Par ailleurs, en 2015 il a été invité par l’Institut français de Lituanie au festival international Poezijos pavasaris. Jean-Baptiste assure régulièrement la responsabilité graphique et éditoriale de publications poétiques auprès de différents acteurs et anime tout au long de l’année des rencontres et des ateliers d’écriture poétique en milieux scolaires, centres sociaux, bibliothèques auprès d’enfants, d’adultes ou de publics en difficulté, que ce soit en France ou à l’étranger.

En 1871, dans la solitude forcée de sa prison du Fort du Taureau, en Bretagne, le révolutionnaire français Louis – Auguste Blanqui écrit son livre L’Éternité par les Astres, sous-titré Hypothèses Astronomiques. Étrange ouvrage, vraiment, que ce court texte mélangeant astrophysique et philosophie sociale ; quelques extraits seulement en sont publiés en 1872 lorsque Blanqui depuis sa cellule remet le manuscrit à sa sœur, et il faudra attendre un siècle, en 1973, pour redécouvrir le texte et le voir édité dans son intégralité. Aujourd’hui encore, ce livre reste très peu connu parmi les œuvres politiques plus largement diffusées du révolutionnaire. Blanqui n’était pas un scientifique de formation ; il avait étudié le droit et la médecine dans sa jeunesse mais s’était lancé bien vite dans la politique. Son texte cependant se présente comme un ouvrage sérieux, très documenté et, pour une bonne partie de ses observations, en phase avec les découvertes astronomiques les plus récentes de son siècle (la spectrométrie, permettant de trouver la composition chimique des astres ; les cycles de vie des soleils, l’épuisement de la chaleur et le refroidissement des étoiles…) ou avec les théories d’autres observateurs des cieux plus orthodoxes.

Procédant à la manière de Blanqui, expliquant un univers complexe par la combinaison multiple d’une quantité limitée de corps simples, cette exposition de Jean-Baptiste Cabaud tente au travers de dessins de retrouver les éblouissements physiques et philosophiques qui – le lecteur s’attaquant à ce texte en est immédiatement persuadé – ont bouleversé Blanqui lors de la composition de ces Hypothèses Astronomiques. La rigueur et la sobriété scientifique sont là, mais peuvent cacher comme le montre ce livre, beauté et haute poésie. Ces dessins à l’encre, minimalistes, basés sur le texte de Blanqui s’inspirent également graphiquement tout autant des gravures au trait du XIXème que des Figures de Widmanstätten, découverte scientifique de 1804 sur la structure des météorites ferreuses.